Poésie

Mardi 20 mai 2008

L’ennemie était frêle et douce. Ses yeux bleu marine me fixèrent avec une extraordinaire bonté. Sa douceur et sa prévenance m’hypnotisèrent. Paradoxaux, nos regards ne se croisaient pas. Nous définitions sans mot dire la synchronie de nos perceptions dans le champ restreint de nos visions asymétriques qu’imprimaient nos pupilles dilatées. L’observateur, le témoin excentré, hors de l’aveu des regards échangés se laissait accroire que l’amour électrisait nos iris étirés par des sentiments calorifères, euphoriques affranchis des scories des miroitements périphériques.

 

Le  voyeur se trompe car il n’est pas ravi, absorbé par l’unicité des regards qui se font face. Il est hors de portée, en dehors de la l’éclosion de l’intime. Le voyeur s’aveugle. Il est désaxé. S’il jurait de dire la vérité de ce qu’il a vu, toute la vérité, rien que la vérité, il proclamerait la main sur le cœur  avoir été témoin d’un épanchement, d’une électrolyse. Le voyeur s’aveugle. Il s"aveugle  d’ y voir ce que l’évidence, ce trop perçu de l’observation dilettante, ne fixe plus dans son obscure chambre des mémoires. La place du tiers le retire de la dualité. Le tiers. Le pas moins un de deux qui ne feront jamais trois, pas plus qu’il ne fut un. Le tiers cet obscène spectateur qui dupe la trinité, non celle du ternaire mais la sainte. Le pas saint tiers refuse la sanctification trinitaire. Il  promeut la diabolique réitération qui désunit. L’altérité ne se rattache à aucun ego. Ce tout autre élément, petit ou grand se méprend. Il  contemple le reflet de son propre voyeurisme qu’il nomme « AMOUR » ou « DIEU »  ; comme beaucoup d’autres d’ailleurs.

Instant volé. Eternité volatile. Ce voyeur aveuglé qu'il est parce qu'ébloui  par sa propre effigie est un truisme érotique. Que d’innombrables choses ont déjà a été écrites sur l’effondrement, l’envahissement , la disparition des mondes. Les regards se figent, s’absorbent en un point exact sur des méridiens et parallèles séparés. Et cet intrus toujours s’invite. Il nous impose sa vision marginale d’un échange axial. Son regard obscène sature l’innocente intimité par d’innombrables fantasmes éculés. L’émotion l’a déserté L’amour ne peut y loger. Sans foi, sans désir  il ne tolère que la contemplation en miroir. Le spectateur sectateur hallucine ce qui ne peut être échangé car il s’impatiente de ne pas tout saisir.

Par Paul-François Lesage
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Jeudi 15 mai 2008

J'humerai une grande lumière dans un lieu songe et toilé.  Les pères  en grandes pompes véloces  extraderont en  vitrines des cathares  purulents.

Néron tout en peur qu'il est, sera  épris des catins attiques. Les Flamants en chambrée à dessein lui envieront l'obscurité . 

A Thèbes orangée telle la vue de Delft sous des oriflammes mordorés,  que feras tu   ô toi Créon quand le destin implacable  transubstantifiera  le sang d'Abel, l'hôte, le frère rouge  en eau de boudin    
 



Mais borough le tubard aux grands airs a déjà trafiqué avec   le Charlot,  ce bellâtre syphilitique.  

Ô grands dieux !  C'est  comme il l'avait dit  que le Pierrot il l'a renié son jésus pour ne pas s' faire saigner. Y  s'est bien cru malin d'enfourcher ses  talons, en ajoutant son verset . "Il a bien fait".

Par Paul-François Lesage
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Mercredi 14 mai 2008

Tout occupé à mendier un souffle de sa bouche, mon amant s’est tu.
Rien de nouveau. Mais un silence de trop.
Ses lèvres se sont crispées.
Soupirs.
Je renonce une fois de plus à ce pain béni qui me gave encore et toujours, à jamais : entendre des monts de sa bouche et des montagnes surgissantes.
J’ai des mers prononcées que pas même un seul de ses cils ne rident.



Calme plat.

A Mer d’huile, amant asséché.


Nourri par cette bouillie de mots que vous ne m’avez pas tendue, j’aurais voulu qu’elle réchauffe ma trachée, lisse mes viscères. Un séisme gastrique l’aurait émiettée. J’aurais déchiqueté vos énigmes imprudentes, vos secrets de polichinel, vos reproches cruels. Je me serais repu de vos putrides babillements.

Hélas ! Hélas ! Vous ne m’avez pas nourri de ces postprandiales nausées.
Vous vous êtes tenue à l’orée du désamour.

Il en eût fallut d'abord beaucoup d’amour pour qu’elles se chargeassent en haine.

Par Paul-François Lesage
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Mardi 13 mai 2008

Au Zénith fiévreux
Mort-né
L’espoir à tes fenêtres

Opaque comme le sabre
Le modelé irradiant de tes cuisses
Arrache à la nuit ce clair-obscur indivis

L’été insolent et ses chinoiseries maladives détrempent l’écorce des saules

Juillet la sentinelle dort sur ton torse elliptique.

Par Paul-François Lesage
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Lundi 12 mai 2008

 

Pour faire connaissance je vous propose ce poéme que j'ai écris il y a plus de trois ans. Les circonstances qui m'ont amené à écrire ce texte sont évidentes !!!

 

Famine

Hélas nous ne veillerons plus ensembles à la clarté des songes
Le chat ne boira plus le lait de nos moissons fraîchement coupées
Nos voyages lointains erreront dans nos malles

Si hésitante est la fuite certaine est la désillusion

Nos souvenirs d’étés, d’hivers et d’émois
Ces jours illuminent trop clair le hâlé de ton teint
La nuit m’épouvante au sommeil
Seul je renonce histoire d’en finir
Amour je t’ai aimé, amour je t’aime encore
J’attends l’incandescence des aurores boréales
Les serments s’entremêlent aux espérances vaines
J’implore le gel de l’Arctique pour semer à nouveau
Promesses de blé, d’orges, et de seigles
Bientôt des corbeilles débordantes
Inonderont mes déserts arides
Des fleurs des pommiers
Palmerais improbables.

Par Paul-François Lesage
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